L’entretien qui suit a été enregistré le 6 février 2026 à Paris Bercy dans l’atelier de Françoise Schein. Cette dernière a réalisé de nombreuses œuvres urbaines de grande envergure en Europe, aux États-Unis, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient. Depuis 30 ans, elle consacre une grande partie de son travail à la diffusion des droits fondamentaux dans le domaine public, dans les écoles et dans les milieux défavorisés.
Béanie Aubril1 : Bonjour, Françoise Schein. Je vous remercie de m’accorder de votre temps pour réaliser notre enquête sur le design et ses pratiques. Notre entretien, qui porte sur l’habitabilité et l’espace public, va se dérouler en 6 temps.
1. Formation et situation professionnelle
Pourriez-vous tout d’abord indiquer quelle a été votre formation et nous décrire la structure (université, école, entreprise...) dans laquelle vous travaillez à présent ?
Françoise Schein : Très tôt, je me suis dirigée vers les arts. Je voulais devenir une artiste à l'âge de cinq ans. Après de longues discussions avec mon père qui était un ingénieur très sérieux, nous avons fait une espèce de pacte, on a décidé ensemble que j'étudierais l'architecture qui était technique et art en même temps, il m'a convaincue et je le remercie, c'était une très très bonne idée. Donc j'ai fait cinq ans d'études à La Cambre en Belgique, j'ai adoré parce que c'était à une époque où cette école était très engagée politiquement. Ces études-là m'ont vraiment orientée pour le reste de ma vie, ma vie d'artiste. Aujourd'hui si je fais de l’art engagé, ce n’est pas par hasard, c'est vraiment parce que je suis passée dans les mains et les murs de cette école. Ensuite j'ai travaillé un petit peu à Bruxelles, je ne savais pas trop quoi faire, je tournais un peu en rond et j'ai décidé de partir aux États-Unis pour faire un Master de Urban design, donc de dessin urbain à Columbia University. Là, on enseignait les différentes réglementations d’urbanisme, comment un règlement peut dessiner une ville. Quand tu t'intéresses au design, au dessin de la ville, on appelle cela de l'urbanisme. Ce n’est pas du planning ce qui est très différent.
Après j'ai travaillé un tout petit peu comme architecte, mais en fait, ça ne m'intéressait pas de résoudre les problèmes de salle de bain, de cuisine des gens. J'avais des petites commandes de maison et de villas pour lesquelles je me suis profondément ennuyée. Même si les rapports humains avec les clients étaient intéressants, ça ne m'intéressait pas suffisamment. En fait, ce qui m'intéresse, c’est la ville, c'est toute la ville, c'est la construction que font les hommes sur la terre. Toutes ces villes, ces autoroutes, ces métros et ponts, ces bâtiments incroyables, enfin voilà, l'urbanisme. Alors, réalisant cette direction à prendre, J'ai commencé à faire de l'art, à propos d'urbanisme. C'est ainsi que mon premier projet d’art urbain est né à New York.
B.A : Et puis à propos des gens aussi ?
F.S : Oui les gens circulent partout, New York est une fourmilière. Mais comment circulaient ces gens ? Déjà moi-même je marchais beaucoup dans New York où j’ai habité 11 ans. Je prenais le métro tous les jours et j'ai aussi beaucoup marché. Et c’est en marchant que je me suis rendu compte que la mobilité, la fréquence humaine de tous ces endroits était mon centre d'intérêt.
2. Habitabilité du monde et finalité du design
B.A : Notre enquête porte sur l’habitabilité du monde et l’espace public. Elle se fonde sur l’idée que le design aurait à améliorer le caractère habitable du monde et que, pour y parvenir, il devrait favoriser la rencontre, l’échange, les débats visant le bien commun en aménageant ou en investissant des lieux.
Votre pratique du design est-elle orientée vers cette double finalité ? Pouvez-vous donner des exemples de projets pour montrer en quoi c’est le cas ? Ou expliquer en quoi cette double finalité vous est étrangère ?
F.S : Déjà, je commencerais par questionner le mot design. Pour moi le mot design n’existe pas. C’est la traduction du mot dessin quand même ! Il y a aussi le dessein, c'est-à-dire l'intention dans la création. Je pense qu'aujourd'hui le mot design est vraiment devenu plus large que juste la traduction de dessin et/ou dessein, mais je ne me suis jamais vraiment intéressée au mot design : moi, j'aime les villes et l'architecture qui découle du design urbain et inversement. C'est là où on retrouve les bons et les mauvais designs. Des villes qui fonctionnent et des villes qui ne fonctionnent pas. De villes reflétant politiquement clairement leur système politique, comme par exemple le système royaliste d'un pays comme le fut la France, où Paris est construit principalement avec que des centralités. Par définition, on voit que c'est un pays qui a été centralisé dès ses origines. Les États-Unis — je ne parle pas des États-Unis aujourd'hui — mais jusqu'à l'ère avant Trump, était un pays démocratique et cela se voit dans l'architecture parce que c'est un système de design urbain où toutes les « streets and blocks patterns » sont égales, réglementées, systématiques et fonctionnent très très bien, et qui a été pensé par rapport aux tailles humaines. Je pense que le côté habitable des villes est terriblement important mais cela dépend, bien évidemment, du talent des professionnels architectes, urbanistes et designers. Il y en a de très bons et de très mauvais. Il faut penser au bien commun, et penser au niveau de ce que l'on fait comme œuvre : s'il s'agit d'œuvre de design ou d'architecture, etc… et comment on prend le crayon ou l'ordinateur pour dessiner quelque chose. C'est à ce niveau-là que peuvent intervenir des questions qui viennent d'ailleurs qui sont de l'ordre de la poésie, de l'histoire de l'art, de l'histoire de la littérature et même de la musique.
Thomas More, dans son Utopia, a décrit par le dessin et les textes accompagnant une autre et nouvelle société métaphorique de celle dans laquelle il vivait en Angleterre au 16ème siècle. Donc c'est à la fois une analyse critique de l'existant, insufflée de poésie et d'imaginaire, qui est très personnelle et qui est influencée par ce qu’on a vu, ce qu'on devine ce qu'on ressent par l'intuition. Et cela dépend aussi de ses propres origines : d'où l'on vient, d'un milieu riche, pauvre, cultivé ou pas, avec des connaissances spécifiques qui permettent au cerveau de fabriquer des formes, d'inventer des idées. Il faut essayer, pour chacun, de repérer au moins d'où l’on vient. Et quand on est professeur, il est indispensable de repérer d'où viennent les élèves parce qu'on ne peut pas parler de la même manière à un.e élève ou un.e autre. Donc, c'est la multiplicité des discours qui est terriblement importante à avoir et qui permet une multiplicité de traitements de projets. Afin de ne jamais avoir la même réponse ou en tout cas l'adapter à la situation individuelle des personnes etc.
3. Habitabilités
B.A : Dans notre réflexion, l’espace public est avant tout compris comme « sphère politique » et « lieu concret » où des discussions peuvent s’engager entre les personnes. Mais ce primat social et politique de l’habitabilité ne recouvre pas tous les sens possibles de cette notion. Notre réflexion se situe entre une compréhension poétique du concept et une saisie plus écologique.
Comment comprenez-vous l’habitabilité ? Pourriez-vous illustrer votre compréhension de l’habitabilité en donnant des exemples de projets ?
F.S : Je pense que pour donner des exemples de projet, il faut les envisager dans leur temporalité. Du temps des Grecs, on ne pensait pas comme à la Renaissance, ni comme au Moyen-Âge. Au moment de la modernité dans les années 50/60, il fallait vraiment reconstruire après la guerre et donc trouver des moyens très logiques et rationnels de construire pour tous. Pour tous ceux qui avaient tout perdu, étaient dans des camps, des tentes, comme aujourd'hui, à Gaza, ou en Ukraine. Mais on découvre aussi le béton à l'époque, c'est la naissance du béton qui n'était peut-être pas la meilleure des idées, mais enfin c'était une réalité.
Donc à chaque période sa réponse. Aujourd'hui, on a suffisamment de drames écologiques partout pour pouvoir intégrer cette réalité nécessairement dans nos approches, que ce soit pour travailler dans les favelas, ce que j'ai fait, ou pour travailler à Paris 12ème où j'habite. Si l’on travaille au Brésil, on ne peut plus penser comme un parisien, ce n’est pas possible. Pour tout : que ce soit du design graphique, que ce soit de l'urbanisme, que ce soit des questions de relations humaines, c'est toujours spécifique, locale, autre chose et autrement. Donc l'adaptabilité — l'époque, le lieu, la langue et les gens avec qui on travaille — sont vraiment la clé. Il n'y a pas de réponse en soi, il y a toujours une réponse par rapport à des cas très très très précis. Le Corbusier projeté partout a créé un monde inadéquat.
Je passe beaucoup de temps à lire, me balader dans les villes, et à appréhender comment elle fonctionne. Qui habite là ? Où sont les quartiers populaires, les quartiers bourgeois, le centre-ville. De quoi les habitants vivent-ils ? Quelles sont les industries, l'artisanat ? Etc... Avant même de penser le design de quoi que ce soit, je vais analyser et réfléchir sur l'existant. C'est comme rencontrer une personne: je regarde son visage, ses cheveux, ses vêtements, son corps, c'est pareil pour une ville. Souvent il y a des demandes spécifiques de la ville : un parc, une place, des constructions. Alors, l'analyse à faire se resserre et devient plus spécifique, mais elle part toujours d'un panorama plus large pour se resserrer. Toujours.
4. Les lieux et les publics des espaces publics
B.A : Tout au long de l’histoire de nos sociétés occidentales, les « lieux » de ces échanges ont changé en fonction « des publics », des personnes engagées dans l’échange. Les communs ou les espaces numériques de discussions d’aujourd’hui, pour nous en tenir à deux exemples, semblent bien loin des Salons du XVIIIe siècle !
De votre point de vue, quels sont aujourd’hui ces lieux et quel rôle le design peut-il jouer ?
F.S : J’ai étudié la période des Salons, où des savants se réunissaient pour échanger sur les découvertes, sur l'analyse du monde. Ils analysaient la manière dont on fonctionnait. Ils parlaient entre eux. Aujourd'hui, il y a ça aussi, mais je ne sais pas si cela a un impact sur la communalité. Avec les réseaux sociaux sur les téléphones, on ne se réunit pas vraiment, on lance des mots et des idées dans le vide des sphères intergalactiques ! On ne se réunit pas sur les téléphones, on se réunit pas du tout.
B.A : On pourrait pourtant le penser justement ? Les téléphones réunissent des forums, des espaces de discussion etc.
F.S : Ce n'est pas un Salon parce qu’on ne se voit pas. On oublie le corporel, ce qu'est être un humain avec un corps en chair pour se rencontrer. Ils étaient des vraies personnes au temps des Salons, des personnes qui portaient des chapeaux, des pantalons, des vestes, ils étaient grands, petits, gros et puis ils avaient leurs idées. Se rencontrer physiquement, est hyper important, C’est le côté vivant. Et je pense que dans l'espace public aujourd'hui on a compris, ressenti dans nos corps, qu'il fallait faire quelque chose mais nous n'avons pas encore beaucoup de solutions. Parce qu'il y a eu une telle destruction du monde par les exagérations de tout ce que j'appellerais la grande modernité, que ce soit Internet, que ce soit l'architecture capitalisée des HLM etc. Non-pensés, construits à la va-vite, et mal construits, on est dans une période de chaos et on a perdu les grandes références. À Paris-centre, on est encore protégé.
Mais dès qu'on sort dans les banlieues, on l'est beaucoup moins : on flotte entre des murs, des axes routiers, des no man's lands, du vide résiduels non pensé.
B.A : Est-ce qu'il y a des lieux que vous pourriez tout de même assimiler, comparer aux Salons du XVIIIe ou bien ce n’est pas du tout comparable ?
F.S : Ce n’est pas comparable. Il y a beaucoup d'associations, d'ONG, qui se créent parmi les différentes populations. Par exemple, l'une pour s'occuper du quartier, l'autre des enfants ou du troisième âge, la troisième pour partir en forêt, faire du sport, que sais-je ? Il s'agit peut-être les micros-salons qu'on aurait aujourd'hui?
Il y a les intellectuels, il y a l'Institut de France, les Académies mais c'est très élitiste, et je ne sais pas s'ils ont un impact réel sur la population, je ne le pense pas. À l'époque des Salons, c’était sans doute la même chose : les intellectuels qui restent entre eux, qui discutent et qui essaient de faire avancer les choses scientifiquement parlant ou philosophiquement parlant, artistiquement parlant, etc… Cela restait l'élite. Ce n’est pas ça le bien commun, ce n’est pas la pensée commune non plus. Ici, par exemple, on est dans un HLM. Il y a une dizaine d'artistes au rez-de-chaussée. Les gens qui habitent au-dessus sont des gens de classe pauvre, des gens très simples dont des personnes issues de l’immigration qui parlent à peine français.
Toi et moi, faisons partie de la classe intellectuelle. Donc quand tu dois aborder les voisins d’en haut, comment fais-tu ? Moi j'ai trouvé un moyen : le site des poubelles ! Les poubelles sont un lieu où tout le monde va obligatoirement. Eh bien je m'occupe volontairement des poubelles, c'est-à-dire que j'entretiens la propreté autour de ces nombreux bacs. Je fais en sorte que ce soit plutôt bien tenu, et du coup c'est apprécié par tous qui qui viennent me dire : « Ah heureusement que vous êtes là. » Il faut arriver à créer de la communauté d'intérêt. Parce qu'on est dans une société incroyablement individualiste. On ne connaît même pas le nom de son voisin de palier, encore moins les voisins d’en dessous, les voisins d'en haut, c'est « chacun sa micro petite vie », et la résolution de ses problèmes. Donc c'est compliqué de faire du commun là-dedans. Il faut passer par le langage, l'approche humanisée, la parole : « Bonjour Madame vous allez bien ? Comment vont les enfants ? ». Parler, se parler simplement.
Ici, avec quelques habitants volontaires on fait du commun en créant dans la cour une sorte de jardin planté de buissons et fleurs. C'est devenu beau, agréable, attirant les papillons et les abeilles. Mais attirer d'autres personnes à venir nous aider, ne-fut-ce qu'à planter une fleur est difficile. Donc nous avons conclu que créer du bien commun, avec les autres est vachement difficile alors tu as certains groupes qui peuvent le faire, des associations par exemple. Mais de manière générale, se parler entre voisins reste une nouveauté au 21ème siècle, car l’individualisme a pris la place de l'altruisme.
5. Les sources
B.A : Pour finir, une question sur « les sources » de l’habitabilité et de l’espace public. Nous, nous nous sommes fondés sur une lecture critique de Jürgen Habermas. Y a-t-il des références — designers et/ou architectes théoriciens, poètes, romanciers, cinéastes, etc. — qui accompagnent votre pratique du design ?
F.S : Je pense que déjà mes sources à moi ce sont des grands classiques d'histoire de l'architecture et de l'urbanisme. Un livre que j'ai adoré c'est le livre de Camillo Sitte,
L'art de bâtir les villes qui est un livre qui date de 1889 et qui reste valable aujourd'hui. Il traverse le temps et les univers tellement il est juste. Il traite de comment on construit les villes autour de comment les gens circulent et veulent habiter. Dans la même tranche d'idée, il y a aussi le livre de Robert Venturi, De l'ambiguïté en architecture, qui date de 1971 et dont les concepts sont l'inverse de Le Corbusier. Le détail, l'originalité, le poétique, le singulier y sont fondamentaux et structures de dessin. Lewis Mumford, La cité à travers l'histoire, La ville dans l'histoire européenne de Benevolo, L'empire des cartes de Christian Jacob. Aujourd'hui je suis intéressée par Bruno Latour, Habiter la terre, par Pierre Chareau ( sa maison de verre à Paris) ; il est un architecte du détail de la matière des agencements, pas un urbaniste ni un designer. Mais avec une qualité moderniste d'architecture. Il m’a énormément influencée.
Alors après aussi est né notre ami Rem Koolhaas. Il a fait un livre en 1994 qui s'appelait Delirius New York, dans lequel il présentait ses dessins d'immeubles dans sa vision de la ville future. Le World Trade Center, l’Empire State building devenaient des êtres vivants. Koolhaas les mettaient dans un lit côte à côte ! Ces constructions imaginaires se faisaient des bisous, se baladaient, marchaient dans la rue, c'était d'abord une espèce de BD folle dans laquelle il a transformé l'architecture en une espèce d'étonnante blague. Un autre livre : The Power of Ten de Charles et Ray Eames. Dans le livre, et suivant la distance de ton regard, tu vois des choses différentes et tu comprends le monde autrement. Les enfants, ne voient que les toutes petites choses, l'insecte qu'il y a là sur mon pantalon qui mesure 1 mm. Ils ne voient rien en large, ils peuvent se jeter dans un une rivière, sans même s'en rendre compte parce qu'ils ont pas vu qu'il y avait de l'eau, parce qu'ils cherchaient un papillon. Je relis aussi, Utopia de Thomas More, les livres de Panowski sur l'histoire de la perspective.
Mon philosophe préféré est Gilles Deleuze parce que précisément c'est quelqu'un qui est dans la plus grande des complexités. Tout est intéressant et tout est interconnecté. Son concept de rhizome a été fondateur dans mon travail et influence encore ma pensée aujourd’hui. Il y a aussi Lévinas pour la compréhension et l'intérêt de l’autre dans sa propre existence. Puis aussi les grands classiques français que j'ai adorés: Proust, Flaubert, Balzac, Stendhal. Ce sont des histoires de vie. Georges Pérec reste mon héros actuel!
Sinon la musique qui m’a frappée et que je préfère le plus au monde, est la musique sérielle, avec Philippe Glass, John Cage, Steve Reich et certains compositeurs contemporains comme Pascal Dusapin, Ligeti, Arvo Pärt.
En art, j'adore Richter est un artiste panoramique. Joseph Cornell un artiste américain, qui s'est occupé de son frère fou pendant toute sa vie. Pour lui, il créait des boîtes miraculeuses avec des tas d'objets installés dedans de manière terriblement poétique. Il y avait des thématiques comme l'hôtel, le voyage, les paysages, ce sont des œuvres d'une beauté infinie, magnifique. Et aussi le belge Marcel Broodthaers qui travaille et crée des objets et des installations, à partir d'analyses de situations. Ce sont des relectures d'objets. Il a reconsidéré tous les objets existants. Dans sa vision, tout est poétique, il faut seulement trouver le moyen de le rendre poétique. Puis il y a Gordon Matta Clark. Son père, Matta, était un grand artiste classique surréaliste, chilien et français. Gordon, est un de ses fils qui s'est beaucoup intéressé à la ville. Il a décidé de travailler sur la question de l'architecture des banlieues aux USA, des petites maisons en bois typiques des suburbs américaines. Il en a coupé une en deux, pour montrer qu’il y a de vraies personnes qui y habitent, que ce n’est pas juste toujours la même chose qui se répète dans ces banlieues. Chaque appartement a une âme, il y a des gens qui y ont des habitudes, etc.
Frank Stella, Paul Klee, la liste pourrait être longue…
Je viens de découvrir, en parlant cinéma, quelqu'un que je trouve absolument unique que je ne connaissais pas : Coline Serreau. Elle est une femme française, brillante qui dans ses œuvres de théâtre et cinéma, fait des critiques de société acerbes avec un humour fou. Elle a fait un film qui s’appelle La Belle Verte. Sur une autre planète, sont partis habiter une grande colonie d'humains, qui en avaient ras-le-bol d'habiter sur la terre. Et par un système poético-technique, ils ont quand même la possibilité de venir encore se balader sur la terre. C'est au travers des visites des habitants de La Belle Verte sur la planète Terre que Coline Serreau interroge tout notre système de société capitaliste. Il y a aussi Henri Lefèvre qui est un auteur très important au niveau de la politique de la ville et son regard engagé sur les Luttes Urbaines dès les années 1970.
6. Conclusion
B.A : Y a-t-il un point sur lequel vous souhaitez revenir ? Un autre que vous souhaitez aborder ?
F.S : L'autre est plus intéressant que soi. Ça peut expliquer pourquoi je fais ce que je fais, parce que je n'ai jamais fait d'art pour moi-même, j'ai toujours fait de l'art pour les autres avec les autres. Les autres m'intéressent passionnément, de diverses façons.
B.A : Merci pour le temps que vous m’avez accordé.
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Béanie Aubril est étudiante en Master 2 « Design, Arts, Médias », à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, en 2025-2026. ↩